Recherche Agroforesterie

Projet AFRAME

Site expérimental de Recherche et de démonstration en agroforesterie intraparcellaire à Ramecourt

Comment permettre une production agricole durable : respectueuse de l’environnement, économiquement viable et socialement acceptable ? Grâce à l’introduction de rangée d’arbres !

C’est le premier site expérimental en agroforesterie au Nord de la France, équipé pour suivre dans le long terme le bilan en eau et en azote de l’agroforesterie intra-parcellaire en grandes cultures.

Contexte

Face à l’érosion des sols, à la pollution nitrique des eaux, à la diminution de la biodiversité et au changement climatique, l’agroforesterie peut être une alternative aux systèmes de production agricole actuels car elle permet d’allier à la fois forte productivité et moindres impacts sur l’environnement.

Elle reste très peu développée dans la région des Hauts-de-France car près de la moitié des agriculteurs ne la connaissent pas. Ils craignent l’augmentation du temps de travail due à l’entretien des arbres et la baisse du rendement à cause des effets combinés de la compétition arbres/cultures et de la diminution de la terre arable. La mise en place nécessaire d’un site pilote en agroforesterie a été donc jugé nécessaire pour acquérir des références technico-économiques sur le système dans les conditions agropédoclimatiques locales et créer une dynamique auprès des agriculteurs.

 

agroforesterie
3 tilleuls adultes (25 ans) plantés à la fin des lignes de jeunes arbres (1 an) dans la parcelle agroforestière.

 

Site expérimental de démonstration et de recherche

L’objectif de ce projet est de mettre en place le premier site expérimental de démonstration et de recherche en agroforesterie intra-parcellaire dans le contexte agropédoclimatique du Pas-de-Calais pour étudier ses performances agro-économiques et environnementales.

C’est le premier site expérimental en agroforesterie au nord de la France, équipé pour suivre dans le long terme le bilan en eau et en azote de l’agroforesterie intra-parcellaire en grandes cultures. Le site est utilisé par Junia comme support d’activité pédagogique et de recherche.

Le dispositif expérimental a été installé en novembre 2018 à la SCEA Dequidt à Ramecourt sur une parcelle de superficie de 18 ha appartenant à M. Dequidt (agriculteur : grandes cultures). Trois systèmes agroforestiers, associant ou non des arbres légumineux sont comparés avec des parcelles témoins (agricoles TA et forestières TF) selon un dispositif en bloc aléatoire avec 3 répétitions. Dans les parcelles agroforestières, les arbres de hautes tiges sont intercalés tous les 1 m par 9 espèces d’arbustes. Pour étudier l’effet de l’ombrage des arbres sur la culture, trois lignes de 3 tilleuls adultes (25 ans) ont été plantées en avril 2019. Le site a été équipé de capteurs permettant de suivre à court, moyen et long terme des indicateurs sols (fertilité physique, chimique et biologique du sol à différentes profondeurs et distances de l’arbre), croissance des plantes (biomasse aérienne et sous-terraine, santé des plantes), environnementaux (biodiversité, érosion des sols, qualité de l’eau, séquestration du carbone, résilience face aux changements climatiques, bilan en eau et en azote) et socio-économiques (temps de travail, investissement, calcul de marge brut, évolution paysagère).

La caractérisation initiale du sol avant la plantation montre une homogénéité de la parcelle pour les paramètres physico-chimiques et biologiques des sols. La population des macrofaunes est dominée à 64% par des espèces de la famille des carabidés en particulier le coléoptère. Après 6 mois de plantation, les parcelles arborées présentent une population plus diversifiée de microarthropodes, probablement dû à la création d’habitat non perturbé le long de la ligne d’arbres. L’ombrage des arbres retarde la date d’épiaison de l’orge. Cependant, ce retard s’estompe dans le temps car l’orge arrive au même stade de maturité à la récolte. Aucun effet significatif de l’ombrage sur l’ensemble des composantes du rendement de l’orge n’a été observée. En terme économique, la plantation des arbres a coûté environ 109€ ha-1 à l’agriculteur après déduction de la subvention européenne. Les lignes d’arbres entraînent une perte 4.7% de la superficie arable.

En perspectives, le site sera équipé de caméras fixes pour mesurer l’évolution paysagère ainsi que des pyranomètres pour mesurer le degré d’ombrage sous les arbres adultes. La résilience face au changement climatique sera évaluée par simulation de l’évolution (i) du stock de carbone dans les plantes et le sol et (ii) de la production de biomasse selon les types de climat. Le partage des ressources en eau et en azote ainsi que la distribution racinaire seront quantifiés.

 

Contact
Enseignant-chercheur en Géosciences Sitraka ANDRIANARISOA sitraka.andrianarisoa@junia.com
Aller sur le site web du projet
Projet s’inscrivant dans ce projet marquant :

Projet JeuneAF (2019 – 2022) : Caractérisation de la compétition/complémentarité en eau et en azote pendant la phase d’installation des arbres dans les systèmes agroforestiers. Projet financé par la fondation de France pour la thèse de Claire O’Connor. Appel à projet « Recherche sur les agroforesteries 2019 »

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